Regroupez tous vos prêts conso en un seul crédit et allégez vos mensualités

Par Louis SERICOLA

Regrouper tous ses credits conso en un seulPlus complexe lorsqu’il ne regroupe pas un prêt immobilier, le rachat de crédits à la consommation est parfois nécessaire pour rééquilibrer le budget. Mais si la baisse des mensualités de remboursement constitue un avantage indéniable, l’opération présente un certain nombre de risques qu’il vaut mieux connaître avant de se lancer dans l’aventure. Voici tous les conseils de nos spécialistes pour comprendre le fonctionnement du regroupement de crédit conso et vous aider à déjouer les pièges.

Sommaire

Faire un point précis de sa situation financière

C’est le moment de tout remettre à plat. Faites un état des lieux de tous les crédits en cours, mais aussi des dettes du ménage. Cette étape doit permettre d’établir un budget équilibré et d’atteindre un taux d’endettement en dessous du seuil maximal autorisé de 33 %.

Notez que si vous êtes locataires, le rachat de crédits sera plus difficile à réaliser compte tenu de l’absence de garanties.

Les credits rachetables

Lister les différents types d’emprunts en cours et les dettes impayées

Les crédits à la consommation

Notez tous les éléments figurant dans les contrats de prêt :

  • Date de souscription
  • Montant initial emprunté
  • Capital restant dû
  • Taux d’intérêt (fixe ou variable)
  • Terme
  • Pénalités de remboursement anticipé.

Notre conseil : ne comptabilisez pas les emprunts dont l’échéance est à moins de 3 mois, car ils arriveront naturellement à terme avant que votre demande aboutisse.

Les dettes

Intégrez l’ensemble de vos dettes (impôts, dettes familiales…) et vos factures impayées, puis établissez un inventaire précis des charges à payer sur les 12 mois à venir.

À noter : ces éléments serviront également aux organismes prêteurs pour établir les premières simulation de rachat de vos prêts à la consommation.

Définir un budget équilibré

Procédez par ordre :

  • Inscrivez d’abord les charges obligatoires : loyer, nourriture, dépenses de santé, assurance auto, abonnement internet et téléphones, frais de scolarité, transports et bien sûr la mensualité du nouvel emprunt.
  • Listez ensuite toutes les dépenses qui vous paraissent importantes : loisirs, vêtements…
  • Enfin, notez celles dont vous pouvez vous passer, mais que vous aimeriez conserver si votre budget le permettait.

Calculer le nouveau taux d’endettement en préservant un « reste à vivre » suffisant

Le nouveau taux d’endettement ne doit pas dépasser 33 % de vos revenus. Sachez toutefois que maintenir le ratio en dessous de ce seuil ne saurait être suffisant, car la banque attache une grande importance à la notion de « reste à vivre ».

Montant maximum des prets consommation dans un rachat

Prévoir un volant de trésorerie supplémentaire

Vous pouvez profiter de l’opération pour souscrire un capital supplémentaire qui vous permettra de faire face aux dépenses imprévues, à la double condition :

  1. Que vos moyens financiers le permettent.
  2. Que ce volant de trésorerie soit destiné à constituer un matelas de sécurité et non pas à consommer.

Notre conseil : Il doit être strictement limité aux besoins du ménage. Méfiez-vous des offres alléchantes des courtiers et établissements spécialisés qui conseillent de souscrire un capital supplémentaire trop important.

Montage du dossier

Monter un dossier de regroupement de prets

Monter un dossier de rachat de crédits à la consommation n’est certes pas l’étape la plus difficile, mais nous vous conseillons de faire preuve de diligence au moment de réunir les pièces justificatives. Vous gagnerez un temps précieux et éviterez les relances inutiles. De cette manière, vous prouverez à la banque votre sérieux et votre détermination à faire aboutir votre demande.

À savoir : même si ce n’est pas obligatoire, rien ne vous empêche de vous faire assister par votre notaire de famille.

Les pièces justificatives à réunir

  • État civil : pièce d’identité en cours de validité, justificatif de domicile.
  • Crédits en cours : offres préalables et tableaux d’amortissement.
  • Revenus et situation professionnelle : 3 derniers bulletins de salaire, dernier avis d’imposition et taxe d’habitation. Si vous êtes travailleur indépendant vos 3 derniers bilans.
  • Situation financière : 3 derniers relevés de compte, copie des factures impayées (si incluses dans le rachat).
  • Autre : RIB.
  • Si vous êtes propriétaire : copie de la taxe foncière
  • Si vous êtes locataire : copie du bail et dernière quittance de loyer.

Les différents délais

Les délais de constitution du dossier, d’analyse de risque et de réponse sont plus longs dans une opération de restructuration que pour une demande classique.

Pieces justificatives a fournir

La réponse de principe

Une première acceptation intervient généralement assez vite (tout comme un refus). Sachez qu’il n’est pas rare que l’organisme prêteur demande des informations complémentaires, d’où la nécessité de se montrer extrêmement rigoureux lors du montage du dossier.

Le délai de rétractation

Si votre demande est acceptée, l’organisme prêteur vous transmettra une proposition par écrit qu’il conviendra de conserver 14 jours (1). Le délai commence à courir à compter du lendemain de la notification par la poste. Vous devez donc attendre l’expiration du délai pour signer et renvoyer l’offre de prêt.

(1) : délai prévu lorsque le regroupement porte uniquement sur des crédits à la consommation.

Le décaissement des fonds

Lorsque l’opération concerne à la fois le remboursement des prêts, le paiement des factures impayées et/ou un volant de trésorerie supplémentaire, les fonds sont décaissés comme suit :

  1. Remboursement à chaque organisme du capital restant dû, augmenté de la pénalité de remboursement anticipé.
  2. Virement à l’emprunteur du montant correspondant aux factures à régler augmenté du volant de trésorerie le cas échéant.
  3. Remboursement direct des crédits par le nouvel organisme

Simulation de rachat de prêts à la consommation

Simuler un rachat de credits

Prenons l’exemple d’un ménage en situation de surendettement qui envisage de regrouper l’ensemble de ses emprunts à la consommation. Leurs revenus nets mensuels s’élèvent à 2 450 €. Le taux d’endettement est de 50,81 % et le « reste à vivre » de 1 205 €.

On considère ici que notre couple n’a pas d’autres dettes que les 4 prêts ci-dessous :

Situation avant rachat
Capital restant dû Mensualité de remboursement  Pénalités (1)
Crédit permanent  7 600 € 255 € 0
Prêt auto 16 200 € 480 € 142 €
Prêt personnel non affecté 5 800 € 190 € 38 €
Crédit travaux 6 300 € 320 € 43 €
TOTAUX
35 900 €
1 245 €
223 €

Le couple souhaite souscrire un capital supplémentaire de 5 000 €. Le montant du nouveau prêt se monte donc à 41 000 € (montant arrondi).

(1) : sur la base de 1 % du capital restant dû (taux de pénalité de remboursement anticipé sur un prêt consommation à plus de 12 mois du terme).
Augmentation du pouvoir d’achat

Situation après rachat
Durée  Taux d’intérêt Mensualité  Taux d’endettement Reste à vivre
7 ans (84 mois) 5,50 % 589 €  24,04 % 1 861 €
8 ans (96 mois) 5,60 % 530 € 21.63 % 1 920 €
9 ans (108 mois) 5,80 % 488 € 19.91 % 1 962 €
10 ans (120 mois) 5,80 % 451 € 18.40 % 1 999 €
12 ans (144 mois)
6,10 %
402 €
16.40 %
2 048 €

L’étude ci-dessus porte sur uniquement sur la baisse de la mensualité et du taux d’endettement. Pour que l’analyse soit complète, il convient de tenir compte de la hausse du coût total du crédit et de l’impact de l’assurance emprunteur le cas échéant.

Analyse de la demande

Des avantages indéniables

Le rachat des 4 crédits à la consommation a donné des résultats intéressants. Notre couple se retrouve avec une mensualité réduite et a divisé par 2 son taux d’endettement. De quoi améliorer son pouvoir d’achat.

Il bénéficie en outre d’un « reste à vivre » nettement plus confortable et d’un volant de trésorerie de 5 000 € pour faire face à d’éventuels aléas.

De plus, la gestion de son budget se trouve simplifiée avec une seule mensualité à rembourser.

Et des inconvénients à ne pas négliger

Même si notre étude ne le relève pas, une telle opération engage l’emprunteur sur une plus longue durée, entraînant de fait une forte augmentation du coût total.

D’autre part, même si le taux d’endettement a été ramené à un niveau raisonnable, celui-ci ne permet pas au couple de se lancer dans un projet immobilier avant le terme du nouvel emprunt.

Nous insistons sur le fait que le rachat de crédits à la consommation n’est pas une solution miracle. Il comporte bien des pièges qui nécessitent de se montrer prudent.

Notre conclusion : Nous ne saurions trop insister sur la nécessité d’engager une épargne de précaution afin d’augmenter sa trésorerie.

Les différents intermédiaires auxquels vous pouvez vous adresser

Les banques actives sur le regroupement de credit

Entre les banques traditionnelles et les établissements spécialisés, il y a un choix large d’organismes de rachat de prêts à la consommation auprès desquels vous pouvez faire directement une demande. Vous pouvez également confier votre dossier à un courtier spécialisé. À charge pour lui de trouver le meilleur organisme de regroupement de prêts.

Notre conseil : dans les deux cas, même si la situation impose de décider dans l’urgence, prenez quand même le temps de bâtir plusieurs plans de financement et de lire attentivement l’offre préalable avant de mettre en place l’opération.

Les organismes spécialisés

Ce sont principalement les spécialistes du crédit conso présents sur Internet. À noter que même lorsque ces organismes n’ont pas pignon sur rue, la prise en charge de votre dossier se fait par un interlocuteur unique et vous bénéficiez généralement d’un accompagnement personnalisé.

Sachez que les conditions varient sensiblement d’un organisme à l’autre suivant votre situation financière, le montant emprunté et la durée choisie. Les taux constatés à février 2020 varient de 4,26 % à 5,84 % (TAEG hors assurance facultative sur la base d’une la base d’une simulation effectuée sur la base d’un regroupement de 3 crédits à la consommation d’un montant total de 50 000 € sur une durée de 120 mois.

À savoir : racheter ses crédits à la consommation auprès des établissements spécialisés ne nécessite pas de changer de banque.

Simulation gratuite

Les banques traditionnelles

Il est conseillé de s’adresser en premier lieu à sa banque, notamment lorsque le dossier est bon. En cas de refus ou bien si vous pensez bénéficier d’une meilleure proposition, rencontrez les établissements concurrents, toutes les banques de réseau étant désormais présentes sur le marché du regroupement de crédit.

Vous trouvez sur Internet de nombreux calculateurs qui permettent de faire des simulations rapides et de vérifier la faisabilité de l’opération.

Important : les banques traditionnelles se montrent plus exigeantes que les établissements spécialisés. Un CDI dans le couple est un minimum et il vaut mieux ne pas présenter de relevés bancaires avec un incident de paiement.

Les courtiers

Le lucratif marché du rachat de crédits attire un nombre toujours croissant d’intermédiaires. Vous avez le choix entre les cabinets nationaux (ABC COURTAGE, CAFPI, EMPRUNTIS, MEILLEURTAUX, PARTNERS-FINANCE et les courtiers locaux.

Quel que soit le cabinet auquel vous vous adressez, nous vous conseillons de vérifier au préalable que ce dernier est inscrit à l’ORIAS et qu’il travaille avec plusieurs établissements établissements. Pensez également à demander dès le premier entretien le montant des honoraires. En effet, celui-ci peut varier du quitte au double d’un cabinet à l’autre.

Notre conseil : privilégiez les courtiers qui travaillent avec plusieurs banques afin élargir le champ de la concurrence.

Souscrire le nouvel emprunt

 

Les éléments de l’analyse de risque

Il est nécessaire de soigner certains aspects du dossier afin d’augmenter ses chances d’obtenir le financement.

Taux d’endettement et reste à vivre

C’est le principe d’une opération de restructuration de crédits : votre taux d’endettement doit revenir à un niveau raisonnable. S’il est généralement admis que le ratio doit être inférieur à 33 %, sachez que l’appréciation de la banque s’effectue principalement au regard des revenus du ménage.

Important : le « reste à vivre » après opération doit être suffisant pour faire face à l’ensemble des dépenses du ménage.

Stabilité professionnelle : un CDI sinon rien

Même si dans certains cas, l’organisme de prêt considère qu’un intérimaire avec un historique d’activité important présente les mêmes garanties qu’un salarié bénéficiant d’un contrat à durée indéterminé, il est important d’avoir un CDI. Notez que si vous êtes salarié de la fonction publique, vous bénéficierez d’une bienveillance toute particulière.

Simulation gratuite

Relevés bancaires : attention aux incidents de paiement

Évitez de présenter des relevés bancaires avec des incidents de paiements (prélèvements rejetés ou chèques impayés). Même si la banque sait que vous vous trouvez dans une situation financière difficile, vous ne marquerez pas des points.

Notre avis : sachant que vous allez présenter les relevés des 3 derniers mois, n’émettez pas de chèque si vous n’avez pas la certitude qu’il sera honoré et veillez à ce qu’aucun prélèvement ne soit rejeté.

Choix de la durée

L’objectif est d’obtenir une mensualité suffisamment basse pour avoir un budget cohérent sans pour autant augmenter considérablement le coût du crédit. Pour ajuster la durée, il est indispensable d’établir plusieurs plans de financement intégrant toutes les données du budget prévisionnel.

Assurance facultative

Là encore, tout dépend de votre situation familiale. Un célibataire n’a pas les mêmes responsabilités qu’un couple avec des enfants.

Notre conseil : une couverture même partielle permettra au conjoint survivant d’assumer le paiement des mensualités, en cas de décès de l’un des emprunteurs.

Si vous êtes fiché Banque de France

Trouver une banque pour faire racheter ses dettes

Même si la réglementation n’interdit pas de souscrire un nouveau crédit en cas de fichage à la Banque de France, il est difficile, voire impossible de faire racheter vos crédits à la consommation si vous êtes locataire et fichés à la Banque de France.

À savoir : certains organismes spécialisés acceptent d’étudier la demande lorsque l’emprunteur est propriétaire de son logement.

Vous êtes fiché FICP

Dans les 3 cas suivants, la banque peut demander votre inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers :

  1. Vous avez 2 mensualités impayées.
  2. Vous avez un retard de paiement de plus de 60 jours.
  3. 60 jours après avoir reçu une mise en demeure de votre banque, vous avez un découvert non autorisé de plus de 500 €.

Important : vous devez régulariser votre situation pour lever l’inscription au FICP. Dans le cas contraire, la durée de fichage est de 5 ans.

Fiche FICP

Vous êtes interdit bancaire

Le fichage FCC (fichage central des chèques) entraîne ipso facto une interdiction bancaire qui sera levée si vous régularisez votre situation. Là encore, le fichage dure jusqu’à 5 ans, rendant vaine toute tentative de regroupement de vos crédits conso.

Saisir la commission de surendettement : une alternative plus économique

Deposer un dossier aupres de la commission de surendettement

Si vous n’êtes plus en mesure d’assumer le paiement de vos charges, vous pouvez monter un dossier auprès de la commission de surendettement de la Banque de France.

Important : cette demande a pour effet immédiat l’inscription au FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits au Particulier).

Tant que la commission n’a pas statué sur votre cas, vous êtes tenu d’honorer l’ensemble de vos dettes. Vous pouvez en revanche demander au président de la commission de suspendre les poursuites que d’éventuels créanciers auraient engagées à votre encontre.

À savoir : le FICP est consultable par toutes les banques et établissements de crédit.

Si votre demande est recevable, la commission entrera en contact avec vos créanciers : banques, administrations, fournisseurs et négociera avec chacun d’eux un étalement des paiements.

Au final, monter un dossier de surendettement est plus économique que de racheter ses crédits. Le rééchelonnement des dettes nécessite toutefois l’accord des créanciers.

Auteur : Louis SERICOLA
L'auteur de cet article

Après une riche carrière en actuariat et analyse de risques de crédit, puis d'inspecteur d'assurance au sein de COMMERCIAL UNION devenu AVIVA, où il développe son sens de l'analyse et son esprit de synthèse, Louis SERICOLA a dirigé un important cabinet de gestion de patrimoine, précurseur de l'intermédiation en crédit dans les années 90, avant de créer en 2008 CREDITAS.

Ses études d'économiste et de gestionnaire de patrimoine lui confèrent de solides connaissances en gestion et finance ainsi qu'en droit et en fiscalité.