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L'importance du reste à vivre dans le cadre d'un prêt bancaire

Définition

Qu'il s'agisse de calculer le minimum vital, c'est-à-dire le montant insaisissable ou bien la somme incompressible nécessaire pour assurer les charges du ménage, le "reste à vivre" n'a pas de définition légale et reste une notion très générale. 
Il s'agit du montant disponible pour faire face aux dépenses de la vie courante, dans le cadre d'un crédit immobilier, l'appréciation du seuil diffère suivant l'organisme prêteur et soit être rapprochée du calcul du taux d'endettement.

Formule de calcul

Il n'y a pas de formule à proprement parler. Chaque banque instaure un solde minimum par personne composant le foyer en dessous duquel il ne faut pas descendre. Il s'agit donc d'un montant individuel instauré par l'organisme de prêt et qui varie en fonction de la composition du ménage.
Minimum de reste a vivre par personne

L'analyse de risque bancaire

La capacité de remboursement de l'emprunteur entre dans une analyse globale de sa situation : 

  • Professionnelle (stabilité, nature du contrat de travail)
  • Financière (tenue des comptes bancaires, montant de l'apport personnel, endettement)
  • Familiale (nombre de personnes qui composent le foyer).

Il faut savoir que depuis le début de la crise financière, les banques se montrent plus strictes dans l'étude des dossiers et cherchent à limiter au maximum le risque de crédit, d'autant plus que la réglementation leur impose cette rigueur. L'organisme de prêt qui manque à son devoir de vérification de solvabilité risque la déchéance partielle ou totale du droit aux intérêts.

L'étude de l'endettement

C'est dans ce cadre que porte l'analyse du reste à vivre. Pour faire simple, on pourrait dire que pour obtenir un prêt, il faut : 

  1. Que le taux d'endettement soit correct (si possible inférieur à un tiers des revenus)
  2. Que le budget permettant d'assurer les charges de la vie courante soit suffisant.

Ainsi, il est possible que votre taux d'endettement soit supérieur à 33% et que la banque vous accorde un prêt immobilier sans difficulté si le montant du reste à vivre est "confortable". A contrario, vous pouvez tout à fait vous heurter à un refus de financement si ce seuil s'avère insuffisant pour couvrir les dépenses courantes, même si l'endettement est bas.

C'est une difficulté à laquelle se heurtent les familles nombreuses. Même avec des revenus professionnels convenables, il est parfois impossible de satisfaire aux exigences bancaires.

Quelques exemples

Prenons l'exemple de deux couples qui souhaitent financer leur résidence principale. 

Les caractéristiques du prêt immobilier sont les suivantes :

  • Montant : 150 000 €
  • Taux : 2,70% (hors assurance)
  • Assurance : 0,36 % (50% sur chaque tête)
  • Durée : 20 ans
  • Mensualité, assurance incluse : 850 €

Premier couple

Le premier ménage dispose de revenus confortables soit 3500 € nets mensuels. Ils sont 3 enfants à charge et remboursent un crédit auto à hauteur de 300 € par mois.

  • Le taux d'endettement est de : [(850 + 300) * 100)] / 3500 = 32,85 %
  • Le reste à vivre "familial" est de : [(3500 - (850 + 300)] = 2350 €
  • Le reste à vivre par personne est de : 2350 / 5 = 470 €.
Analyse de l'endettement

Second couple

Le second ménage dispose de revenus plus modestes. Le salaire net mensuel du couple est de 2600 €. Ils ont un enfant à charge et aucun crédit en cours.

  • Le taux d'endettement est de : (850 * 100) / 2600 = 32,69 %
  • Le reste à vivre pour la famille est de : (2600 - 850) = 1750 €
  • Le reste à vivre par personne est de : 1750 / 3 = 583 €.

Dans ces deux exemples, l'appréciation de la banque devrait être favorable.

Conclusion

Conclusion : quoique ses revenus soient supérieurs, le premier couple dispose au final d'un reste à vivre individuel plus faible que le second ménage pour un taux d'endettement similaire. Cette situation s'explique par le nombre d'enfants à charge (3 pour le premier et 1 pour le second) et par l'existence du crédit à la consommation.

Cette analyse est toutefois incomplète. A ce stade, rien ne dit que le second couple n'a pas à faire face à des charges courantes plus importantes. (Abonnements, chauffage, transports, complémentaire santé...). La lecture des relevés bancaires va permettre à la banque d'étudier les différents postes budgétaires et affiner l'analyse du reste à vivre.
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Auteur : Louis SERICOLA
L'auteur de cet article
Après une riche carrière en actuariat et analyse de risques de crédit, puis d'inspecteur d'assurance au sein de COMMERCIAL UNION devenu AVIVA, où il développe son sens de l'analyse et son esprit de synthèse, Louis SERICOLA a dirigé un important cabinet de gestion de patrimoine, précurseur de l'intermédiation en crédit dans les années 90, avant de créer en 2008 CREDITAS.
Ses études d'économiste et de gestionnaire de patrimoine lui confèrent de solides connaissances en gestion et finance ainsi qu'en droit et en fiscalité.
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