Les atouts du microcrédit

Par Louis SERICOLA

Institution de microfinance

Définition

Le microcrédit permet aux personnes en situation précaire, généralement exclues du système bancaire traditionnel d’accéder à des prêts de faible montant. Il fait partie de ce qu’on appelle plus généralement la microfinance qui regroupe également les activités d’épargne et d’assurance.

Considéré comme un véritable outil pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion bancaire, il est de plus en plus encouragé partout dans le monde et trouve aujourd’hui un écho favorable auprès des organismes bancaires.

Il est à noter qu’il existe une forme de microcrédit personnel destiné à aider les ménages en très grande difficulté.


Historique

L’histoire du microcrédit est avant tout l’histoire d’un homme, MUHAMMAD YUNUS surnommé le « banquier des pauvres ». En 1972, après quelques années d’études d’économie aux États-Unis, il retourne dans son pays d’origine, le BANGLADESH. Il enseigne alors à l’université de CHITTAGONG.

Là, il fait la connaissance d’une femme qui emprunte chaque jour 22 centimes à un usurier pour acheter du bambou avec lequel elle fabrique des chaises qu’elle revend à ce même usurier pour un bénéfice de seulement 1,50 centime.

MUHAMMAD YUNUS découvre alors que 42 femmes sont dans cette situation dans le village. Il décide alors de leur prêter 27 $, sans intérêt et sans échéancier, afin de leur permettre de créer leur propre entreprise. Ces femmes peuvent enfin vendre librement leurs chaises sur le marché et gagner bien plus d’argent. Le microcrédit est né.

5 ans plus tard, en 1977 MUHAMMAD YUNUS crée la Grameen Bank qui accorde aujourd’hui 800 millions de dollars par an de et compte 7 millions de clients. La moyenne des crédits est de 100 dollars en moyenne.
MUHAMMAD YUNUS a reçu le prix Nobel de la paix en 2006.

Considérée aujourd’hui par l’Organisation des Nations Unies comme un outil majeur du développement, l’activité s’étend désormais sur plus de 80 pays dans les continents les plus pauvres comme l’AMERIQUE DU SUD, l’AFRIQUE et l’AMERIQUE DU SUD. Il existe 10 000 institutions qui financent plus de 60 millions de personnes.

À savoir : l’année 2005 avait été décrétée : « année internationale du microcrédit » par les Nations unies.

Fonctionnement

Les Institutions qui proposent ce type de financement peuvent relever de statuts juridiques très variés : association, ONG…

La première démarche consiste à contacter une de ces institutions et de prendre rendez-vous avec un conseiller. Ces derniers ont l’habitude de traiter des dossiers difficiles. Mais si le projet est viable, l’association proposera alors un plan de financement adapté et jouera le rôle d’intermédiaire avec la banque.


Il est à noter que ce type de prêt peut se cumuler avec d’autres aides telles que :

  • L’EDEN (L’Encouragement au Développement d’Entreprises Nouvelles)
  • Le PCE (Prêt à la Création d’Entreprise)

Le microcrédit en France

Les associations

En France, le principal opérateur est l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique), crée en 1989 par Maria NOWAK. Il faut citer également PlaNet Finance dont le président fondateur est Jacques ATTALI ainsi que le Secours Catholique.

Quelques chiffres

En FRANCE, on estime à 5 millions le nombre de personnes qui sont dans une situation précaire. Les associations permettent donc à ceux qui sont totalement exclus du circuit bancaire traditionnel d’accéder au crédit.

Avec un taux de remboursement de près de 95 % et des taux d’intérêt relativement élevés puisqu’ils avoisinent 8 %, l’activité se révèle à la fois utile et rentable pour les banques.

Activites de la microfinance

Les autres activités de la microfinance

La microfinance regroupe l’ensemble des activités financières en direction des pauvres comme :

  • Le microcrédit en direction des personnes qui souhaitent lancer leur propre activité ou personnel destiné aux ménages en grande difficulté
  • L’assurance (emprunteurs, sur la vie, habitation)
  • Complémentaire santé
  • L’épargne
  • Le transfert de l’argent des populations émigrées à leur famille restée dans leur pays d’origine

Ainsi, même si l’activité de financement reste la plus importante, la microfinance est en mesure de couvrir l’ensemble des besoins financiers. Toutefois, il est évident que le système a ses limites et ne réglera pas à lui tout seul les problèmes de la pauvreté dans le monde.


Auteur : Louis SERICOLA
L'auteur de cet article

Après une riche carrière en actuariat et analyse de risques de crédit, puis d'inspecteur d'assurance au sein de COMMERCIAL UNION devenu AVIVA, où il développe son sens de l'analyse et son esprit de synthèse, Louis SERICOLA a dirigé un important cabinet de gestion de patrimoine, précurseur de l'intermédiation en crédit dans les années 90, avant de créer en 2008 CREDITAS.

Ses études d'économiste et de gestionnaire de patrimoine lui confèrent de solides connaissances en gestion et finance ainsi qu'en droit et en fiscalité.